Vanakkam Réunion Radio : comme un petit air d'Inde
MÉDIAS. Depuis presque un an, Vanakkam Réunion Radio parle, entre autres, de l’Inde, comme si on y était. L’occasion de revenir sur la genèse du projet.
Dans la régie de Vanakkam Réunion Radio, Yohann et Maya ont trente minutes devant eux avant de reprendre l’antenne. En attendant, une chronique pré-enregistrée transporte les auditeurs au cœur de l’univers hindou. Face aux animateurs : quatre écrans, une constellation de boutons, un micro — et Mylène Farmer en fond sonore. « C’est beaucoup de manipulations, sourit Maya, animatrice bénévole, mais on a une bonne équipe. C’est une belle aventure, et j’espère que ça va continuer. »
Cette aventure a pris racine il y a près d’un an, dans l’Est de l’île. « Depuis une quinzaine d’années, la Fédération souhaitait se doter d’un outil de communication pour promouvoir la culture et le culte indien à La Réunion », retrace Laura Ajaguin-Soleyen, animatrice bénévole et responsable de la gestion des projets. La première émission a été diffusée le 11 novembre 2020 — une date choisie avec soin, en écho à la fin de l’engagisme indien en 1882, ce système de recrutement de main-d’œuvre immigrée qui avait succédé à l’esclavage dans les plantations de canne à sucre réunionnaises.
Sur les ondes et sur le web
Portée par 26 bénévoles et 8 salariés, la radio de l’Est est sur le pont dès 5 heures du matin, et peut prolonger ses émissions tard dans la soirée. « Comme le soleil se lève à l’Est, Vanakkam Réunion Radio a naturellement commencé à émettre depuis Saint-André », explique Gianni Gobalsing, secrétaire de la radio et animateur bénévole. La ligne éditoriale s’articule autour de la culture indienne, abordée sous des angles variés, avec des émissions en français et, à terme, en langue indienne. « Mais nous mettons aussi en lumière la culture réunionnaise, évidemment », tient-il à préciser.
Au programme : artistes, humoristes, professionnels de la santé, du bien-être et du sport, sans oublier des chroniques thématiques. Parmi elles, une émission dédiée aux anciens, particulièrement chère à l’équipe. « Ils nous racontent leur enfance, leurs demandes en mariage, leur vie professionnelle, le rôle de la femme dans la famille… C’est une émission qui nous porte, confie Laura Ajaguin-Soleyen, parce qu’elle remet au goût du jour notre culture et nos valeurs. »
Equilibre musical et nouveaux projets
Accessible sur la fréquence 94.8 de Sainte-Suzanne à Sainte-Rose, ainsi que sur internet, la radio s’efforce de varier ses playlists. « On a une couleur indienne, c’est indéniable, mais le cahier des charges nous impose 40 % de musique française, explique Grégory Latchimy. Le vrai défi, c’est de conjuguer les quotas français et locaux avec notre identité indienne. L’objectif, c’est que l’auditeur sache qu’il entendra de la musique indienne à un moment ou un autre de sa journée. »
En juin dernier, la radio s’est associée à l’opération humanitaire « Mwin lé India » portée par la Fédération Tamoule, donnant naissance à un CD de deux titres, dont une reprise de l’hymne indien arrangée avec des instruments locaux. « On a accompagné les bénévoles dans la réalisation du CD et du clip, précise Laura Ajaguin-Soleyen, pour leur permettre de récolter des fonds destinés à l’Inde. C’était un projet auquel on tenait. »
D’autres chantiers se profilent dans les prochains mois, notamment un nouveau dispositif d’insertion centré sur les métiers de la communication et de la radio. Affaire à suivre.